Au
Burundi, deux news, toutes déconcertantes, viennent de secouer les cocotiers,
comme on dit. Je commence par la plus récente, celle qui concerne le dossier
judiciaire ouvert en Belgique contre l’Ombudsman Rukara, soupçonné de
blanchiment d’argent. Je n’en dirai pas beaucoup.
A
propos de la deuxième, qui a défrayé la chronique depuis avril 2012, lorsque
les légistes belges sont rentrés sans avoir trouvé les restes du corps du roi
Ntare V, assassiné dans les conditions que personne n’est plus censé ignorer,
il y a bien des choses à dire.
Cette
news a, en effet, été suivie par l’annonce du rapatriement raté de la dépouille
du Roi Mwambutsa IV. Une décision politique
suivie désormais, à Genève, par une démarche judiciaire a tout bloqué depuis le
24 mai.
Ces
deux news viennent à un mauvais moment. L’affaire Rukara soulève la question de
la légitimité à la tête d’une prestigieuse institution ; la dépouille de
Mwambutsa en soulève une autre, plus grave : celle d’une appréciation légère
dans la gestion d’un geste symbolique qui appartient à une histoire de 5
siècles dans un pays qui prétend amorcer un processus de Vérité Réconciliation.
L’orgueil national, dans ce dossier, est en jeu !
Au
même moment, nos autorités renoncent, pour la deuxième fois, à la présidence d’une institution phare dans
le cadre d’un tournus normal revenant de droit au Burundi en tant que membre de
l’East African Community (EAC).
Ceci,
finalement, vis-à-vis de nos partenaires, un déficit de fierté nationale. Qui n’a
pas de prix !
Comment sortir du piège ?
Par
pitié pour la République, pour sortir de ce piège et pour faire bouger les
lignes, nul ne va revenir à ce prince naissant avec des semences dans la main
comme dans les temps anciens. Aussi, un coup de force à l’image de ceux connus
entre 1966 et 1996 est inimaginable en 2012. Même les lettres dites
« lettres ouvertes », semblable à celle d’août 1988, intervenue dans
le feu de l’actualité de l’époque, ont fait leur temps. Idem pour les
rebellions armées.
On
pensait, il y a encore peu, que le dialogue entre protagonistes s’imposerait
comme seule référence pour gérer nos différends. En l’absence d’un miracle, il
n’en est plus rien aujourd’hui.
Les
élections ? Elles ont montré leurs limites. En cause : la médiocrité et/ou
l’arrogance d’une partie de notre classe politique et l’ignorance de nos
populations rurales. Face à un Etat policier, qui soulève un rejet unanime.
Alors
quoi faire ?
Je
parie : si quelqu’un annonçait une idée novatrice contre l’extrême pauvreté,
là où tout rappelle la chicote belge, tout le monde, toutes catégories confondues,
se rallierait … Pour une deuxième indépendance.
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