Message accueil

« Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire », a dit un sage.


mercredi 11 juillet 2012

Le procès de l’exhumation de Mwambutsa : un cadeau du ciel ?


  La princesse Esther Kamatari entourée par le couple des Hakizimana Déo et Marthe à l'issue 
de l'audience du tribunal le 10 juillet 2012

 

"Personne, dans la diaspora burundaise en Suisse, n’avait été mis au courant du projet d’exhumation" (Libre Belgique, 11 juillet).


J’approuve ces mots et voici pourquoi


a)    Le 30 avril 2012, j’ai attiré l’attention de la presse (Tribune de Genève) sur l’importance des événements d’actualité qui se profilaient au Burundi tant dans le cadre des festivités du cinquantenaire de notre indépendance que dans les autres faits marquants de l’actualité. Les recherches non abouties des restes du roi Ntare V et l’initiative gouvernementale visant le rapatriement mortuaire Mwambutsa IV étaient au premier rang de cette actualité.

b)   Je confesse que j’étais parmi tous les naïfs. J’espérais que la dépouille de notre avant-dernier roi, d’après les dires des officiels burundais, servirait en effet la cause de la Vérité attendue, en vain, depuis 2001. Pour moi, parler de réhabiliter un roi qui a régné pendant les 51 ans qui ont vu les affres de la colonisation, la proclamation d’une indépendance rapidement trahie par les assassins de Rwagasore et par le début des dérapages innommables planifiés depuis 1962-1963, conduisant le capitaine Micombero à renverser la monarchie et à provoquer l’hécatombe de 1972, permettait de poser certaines questions taboues. Je pensais notamment que le processus de justice transitionnelle, en panne, à cause des tergiversations des gouvernements successifs depuis 11 ans et aussi du fait de l’hypocrisie de la communauté internationale, allait enfin se trouver dopé. Mwambutsa IV Bangiricenge dit Rubangisha pouvait à mon avis susciter l’émergence d’un événement rassembleur dans ce contexte.

c)  J’avais attendu le jour où les Barundis découvriraient enfin que le problème tribal – aujourd’hui démystifié – est une énorme tricherie inventée par nos vrais saboteurs et entretenus par les suivistes de la « médiocratie » des systèmes qui nous ont gouvernés et nous gouvernent encore !

d)  Ainsi, le 1er mai 2012, visitant avec une équipe de reporters de la télévision suisse la tombe n°180 du Cimetière de Meyrin Feuillasse, j’ai dit sans hésiter que ce jour allait peut-être arriver (écouter ici). Le même soir, j’ai répété la même chose à la Voix de l’Amérique (cliquer ici). J’avais déjà suggéré à notre ambassadeur à Genève d’associer, selon un scénario choisi à sa convenance, la communauté burundaise de Suisse et de France voisine pour que celle-ci, faute d’être à Muramvya, l’ancienne capitale dynastique burundaise, où une tombe attendait l’ancien monarque, puisse participer à sa manière à cette dynamique. 

e)  Je me voyais donc au milieu de nombreux autres concitoyens, au-delà de nos étiquettes partisanes, en présence des amis de notre peuple venus accompagner le cercueil de celui que le quotidien Le Monde 16 novembre 1976 appelé « Le citoyen de Genève ».

Déçu, effondré, mon combat s’est consolidé


Par ailleurs, pour moi comme pour bien d’autres, ma demande avait une charge citoyenne et patriotique inattaquable, qui devait passer comme une lettre à la poste. L’Ambassade ne m’a malheureusement réservé aucune réaction.

Deux semaines après, croulant encore sous ma déception, un coup de fil téléphonique inattendu est tombé sur mon portable le 15 mai dans la journée,

J’appris alors que les restes du roi étaient exhumés le matin de ce jour-là à 08 :30, puis mis dans un cercueil attendant d’être rapatriés, en compagnie de l’Ambassadeur Ndayiragije, sur un Vol SN du 22 mai et atterrissant à Bujumbura via Bruxelles le lendemain à 18 :00 pour des funérailles fixées au 26 suivant.

Déçu, effondré, je me suis posé la question : qu’est-ce qui se cache derrière cette opacité? Je me suis alors mis à enquêter. Et j’ai poursuivi le combat en soutenant l’action de la Princesse Kamatari, que j’ai accompagnée, avec ma famille, à l’audience du Tribunal de ce 10 juillet.

Après tous ces jours de questionnements, je crois affirmer maintenant que ce dossier est, probablement, un cadeau du ciel pour le Burundi de 2012.

Un cadeau vraiment ? Oui. J’y reviendrai.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire