Mais, pour comprendre, il faut savoir remonter aux années 1994 et suivantes. A cette époque, la communauté internationale voulait se donner bonne conscience après son cuisant échec au Rwanda. Elle s’est engagée dans une stratégie de prévention, conduisant de pénibles négociations qui ont abouti à un accord de paix à Arusha en août 2000. Même l’Air Force One, sous la présidence américaine de Bill Clinton est venu se poser dans cette ville nord tanzanienne pour soutenir la médiation de Nelson Mandela, ce géant de l’Histoire. (Voir African Caucus, 25 sept.12, sur www.cirid.ch).
Huit ans plus tard, un projet conjoint ONU-Gouvernement baptisé « Projet Cadres de dialogue », également appliqué à la Sierra Leone, a répandu les vertus du « dialogue inclusif, participatif, transparent… », là où la logique de guerre a échoué.
Le Burundi a ainsi pu éviter une crise qui aurait pu être plus grave suite au douloureux contentieux postélectoral de 2010.
C’est dans ce contexte que la Suisse a continué à offrir son expertise, présidant depuis 2009, à la suite de la Suède, le groupe Burundi à la Commission de Consolidation de la Paix (CCP) à l’ONU, New York.
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| L’ambassadeur Paul Seger a pris le relais de M. Peter Maurer (actuel Président du CICR) à la direction du Groupe Burundi de la Commission de consolidation de la paix (ONU). |
Les leçons apprises n’ont cependant pas inspiré, comme on s’y attendait, les faiseurs de paix appelés à agir dans d’autres contextes post-conflit en Afrique comme cela avait été initialement décidé. Il était en effet indiqué que la RD Congo voisine serait un des premiers pays bénéficiaires des leçons tirées de l’expérience burundaise de dialogue. En cause : un problème de communication, qui s’est révélé entre Bujumbura et New York sur les finalités du projet.
Cela mérite, à mon avis, une vaste réflexion, indépendamment des résultats escomptés à Genève, en attendant que la capitale burundaise sache profiter des atouts qui font d’elle une sorte de pôle diplomatique et économique régionale enviée, grâce à une position géostratégique unique en Afrique des Grands Lacs, sur les rives du Lac Tanganyika.
La présente table ronde peut-elle aider à élever la réflexion dans ce sens ? C’est mon rêve à moi.

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