Quand j’ai écrit le 13 mai dernier la phrase suivante, je sentais que Bujumbura faisait fausse route en dirigeant une opération opaque dans l’affaire du rapatriement mortuaire des restes du roi Mwambutsa IVF. Je disais : « Je souhaite vivement que les descendants proches et lointains de notre ancien roi se mettent d’accord »
Le 11 juillet, un article de la Libre Belgique soulignait que l’une des anomalies qui n’auraient jamais du avoir lieu, c’était pour notre Ambassade a Genève, d’avoir voulu tout conduire en ignorant totalement la présence de membres de la diaspora qui avaient légitimement exprimé le désir d’être associé aux tractations liées au rapatriement de la dépouille de leur ancien roi.
Mais quand ces lignes sortaient de la presse, c’était trop tard. La veille de cette date, c’est-a-dire le 10 juillet, un tribunal genevois venait de se saisir de l’affaire et notre gouvernement avait montré des signes de désorganisation : par exemple, interrogé par une radio locale, le ministre de tutelle du dossier n’était pas au courant de cette évolution et semblait tout ignorer de la suite.
Le 19 juillet, sous ma plume reproduite dans la page opinion de la Libre Belgique, j’ajoutais, à la suite de la série des nombreux articles parus antérieurement sur le sujet, surtout sur www.cirid.ch, que le l’affaire Mwambutsa était un cadeau pour le Burundi. Je voulais dire, en fait, que cette affaire-là nous permettait d’assister à un début de déballage politiquement réparateur sur le contentieux historique qui divise le peuple burundais et qui reste, à ce jour, volontairement caché par ceux qui étouffent la naissance de la Commission Vérité et Réconciliation.
J’étais en effet agréablement surpris par la quantité de documents inédits que l’éclatement de cette affaire avait suscités : l’enquête de la RPA sur la mort de Ntare V, l’interview du roi Mwambutsa aux journalistes de Remarques africaines (1972) ; l’ancien souverain y apporte la lumière sur les turpitudes de l’entourage qui a participé à son renversement. Il y a eu surtout le memorandum adressé par Mwambutsa à la Belgique. Cette lettre nous permet de savoir aujourd’hui que notre ancienne puissance coloniale avait refusé un droit d’asile à notre roi. Nous avons aussi lu le manuscrit de la lettre que d’anciens dignitaires des années 1961-1966 ont écrite en 1968 pour prédire les hécatombes des années suivantes.
J’ai ainsi fini par titrer ma « news » sur ce blog le 19 juillet (voir plus bas) : les embarras ne font que commencer.
Je dis la même chose aujourd’hui, mercredi, 22 aout 2012. Ce jour me rappelle d’ailleurs la date de la « lettre ouverte » de 1988, lorsque, avec mes amis, nous avons obligé le gouvernement du Major Pierre Buyoya à cesser le massacre de Ntega Marangara.
Aux dirigeants burundais actuels de Bujumbura, je dis que la décision de la justice genevoise aidera à ouvrir une autre page de débats : sachez en l’occurrence que c’est à Genève que va se dérouler la fameuse table ronde des aides extérieures en octobre 2012.
En janvier 2013, c’est dans cette même ville internationale que Bujumbura viendra se soumettre à l’exercice périodique relatif à l’examen de la situation des droits de l’homme.
Tout cela signifie que si la situation du pays ne s’améliore pas d’ici là, l’image du pouvoir en place pourrait se retrouver dans l’oeil vigilant des défenseurs infatigables. Dérangeant n’est-ce pas?
Le 11 juillet, un article de la Libre Belgique soulignait que l’une des anomalies qui n’auraient jamais du avoir lieu, c’était pour notre Ambassade a Genève, d’avoir voulu tout conduire en ignorant totalement la présence de membres de la diaspora qui avaient légitimement exprimé le désir d’être associé aux tractations liées au rapatriement de la dépouille de leur ancien roi.
Mais quand ces lignes sortaient de la presse, c’était trop tard. La veille de cette date, c’est-a-dire le 10 juillet, un tribunal genevois venait de se saisir de l’affaire et notre gouvernement avait montré des signes de désorganisation : par exemple, interrogé par une radio locale, le ministre de tutelle du dossier n’était pas au courant de cette évolution et semblait tout ignorer de la suite.
Le 19 juillet, sous ma plume reproduite dans la page opinion de la Libre Belgique, j’ajoutais, à la suite de la série des nombreux articles parus antérieurement sur le sujet, surtout sur www.cirid.ch, que le l’affaire Mwambutsa était un cadeau pour le Burundi. Je voulais dire, en fait, que cette affaire-là nous permettait d’assister à un début de déballage politiquement réparateur sur le contentieux historique qui divise le peuple burundais et qui reste, à ce jour, volontairement caché par ceux qui étouffent la naissance de la Commission Vérité et Réconciliation.
J’étais en effet agréablement surpris par la quantité de documents inédits que l’éclatement de cette affaire avait suscités : l’enquête de la RPA sur la mort de Ntare V, l’interview du roi Mwambutsa aux journalistes de Remarques africaines (1972) ; l’ancien souverain y apporte la lumière sur les turpitudes de l’entourage qui a participé à son renversement. Il y a eu surtout le memorandum adressé par Mwambutsa à la Belgique. Cette lettre nous permet de savoir aujourd’hui que notre ancienne puissance coloniale avait refusé un droit d’asile à notre roi. Nous avons aussi lu le manuscrit de la lettre que d’anciens dignitaires des années 1961-1966 ont écrite en 1968 pour prédire les hécatombes des années suivantes.
J’ai ainsi fini par titrer ma « news » sur ce blog le 19 juillet (voir plus bas) : les embarras ne font que commencer.
Je dis la même chose aujourd’hui, mercredi, 22 aout 2012. Ce jour me rappelle d’ailleurs la date de la « lettre ouverte » de 1988, lorsque, avec mes amis, nous avons obligé le gouvernement du Major Pierre Buyoya à cesser le massacre de Ntega Marangara.
Aux dirigeants burundais actuels de Bujumbura, je dis que la décision de la justice genevoise aidera à ouvrir une autre page de débats : sachez en l’occurrence que c’est à Genève que va se dérouler la fameuse table ronde des aides extérieures en octobre 2012.
En janvier 2013, c’est dans cette même ville internationale que Bujumbura viendra se soumettre à l’exercice périodique relatif à l’examen de la situation des droits de l’homme.
Tout cela signifie que si la situation du pays ne s’améliore pas d’ici là, l’image du pouvoir en place pourrait se retrouver dans l’oeil vigilant des défenseurs infatigables. Dérangeant n’est-ce pas?
(Suite du prochain article a lire sur ce blog : Pourquoi tous ces rebondissements ?)
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