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| Photos Isanganiro |
Même si je suis en retard avec l’actualité,
je le fait quand même. Car en effet j’aurais dû écrire un petit mot de
félicitation pour cette demoiselle qui vient de nous rendre tous fiers à
Londres, elle qui a rappelé au monde que le Burundi existait en portant notre
drapeau lors des JO 2012.
Que disais-je donc ?
Que j’aurais dû féliciter l’athlète déjà le
jour où elle a franchi le cap de la finale olympique du 800m. Ce qui vient de
m’interpeller à l’instant, c’est le fait de revoir l’image de notre athlète,
aux côtés de celle, plus ludique et donc plus sympathique de la modestie de la
demeure où vit Francine Niyonsaba avec sa famille dans la très lointaine
commune de Kayongozi de la province Ruyigi.
L’émotion m’a saisi surtout pour avoir fait
mes armes dans cette province lointaine, puisque c’est là que j’ai étudié, à
Rusengo, à 16 km de Ruyigi. Je revois les cases du Buyogoma, dans cette région
de l’est burundais, faisant partie de ce que d’aucuns ont appelé le « Quart
monde ». C’est-à-dire après le Vieux Monde (Muramvya ; qui est encore
plus vieux), le Nouveau Monde (Bururi, qui ne l’est plus car le pouvoir
politique l’a fui depuis 1993) et le Tiers Monde (étant le reste, qui a éclaté
entre le fameux Grand Nord d’aujourd’hui, qui est aux affaires avec le
Président Nkurunziza et son entourage fort.
Je sais que tout cela est difficile à
saisir pour un Burundais lambda ou pour un étranger qui connaît fort peu nos
tropismes locaux. Je sais surtout que je ne suis pas en train de tirer sur les
ficelles régionalistes, mais de souligner combien j’ai la joie de voir une
ressortissante de l’une des régions les plus en marge du centre, où se gère le
pouvoir de chez nous, conquérir un pas si important : celui qui a conduit
notre idole vers la célébrité médiatique. Alors qu’elle survient – dirait-on -
de nulle part, elle qui –était l'inconnue de notre grande opinion publique!
Chère Francine, Félicitations.


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