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« Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire », a dit un sage.


samedi 16 mars 2013

Si rien n'est fait pour corriger le tir


De loin, j'ai suivi le travail des trois journées de réflexion en atelier organisé par le BNUB en coopération avec le gouvernement. Je suis témoin comme tout le monde des accolades joyeuses échangées par certains participants qui furent durant ces deux dernières années de pires ennemis. J'ai aussi évidemment aimé les sourires qui ont accompagné ces accolades. Mais comme je suis burundais, témoin de ce qui se passe dans la sphère politique depuis ces 40 dernières années, je ne puis m'empêcher de rappeler le curieux adage qui dit tout : "Umurundi aguhisha ko akwanka nawe ukamuhisha k'ubizi"

Si vous ne voulez pas savoir placer ce que vous avez vu ou entendu dans ce contexte culturel très imbriqué, j'ai bien peur que vous n'avez rien compris. C'est pourquoi je me suis permis d'exprimer lors d'un débat radiodiffusé organisé par VOA News (attendu pour ce dimanche, 17 mars matin sur les antennes de la RPA burundaise), que le plus important pour les échéances de 2015, c'est la création d'un environnement sain, qui condamne la logique de guerre et celle des affrontements verbaux violents que nous avons vus en 2010.

Cet environnement ne dépendra pas tellement de la réformes de la loi électorale ni même de la batterie de soutiens promis par la communauté internationale. Mais par une dynamique volontariste burundaise interne enracinée avant tout dans les coeurs de nos acteurs politiques minées par leurs dissensions ataviques.

Je parie sur ce point que le fait que nos attentes par rapport à la très attendue Commission vérité réconciliation avec ses mesures de justice transitionnelle semble avoir été escamotées par l'atelier des derniers jours pourrait être un mauvais signe pour la suite.

Si rien n'est fait, lors des fameux ateliers sectoriels prévus dans le cadre du suivi de cet exercice pour corriger le tir, nos hommes et femmes invités par le BNUB pour débattre de l'avenir politique de notre Nation auront fort peu compris.   

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