De loin, j'ai suivi le travail des trois journées de
réflexion en atelier organisé par le BNUB en coopération avec le gouvernement.
Je suis témoin comme tout le monde des accolades joyeuses échangées par
certains participants qui furent durant ces deux dernières années de pires
ennemis. J'ai aussi évidemment aimé les sourires qui ont accompagné ces
accolades. Mais comme je suis burundais, témoin de ce qui se passe dans la
sphère politique depuis ces 40 dernières années, je ne puis m'empêcher de
rappeler le curieux adage qui dit tout : "Umurundi
aguhisha ko akwanka nawe ukamuhisha k'ubizi"
Si vous ne voulez pas savoir placer ce que vous avez vu ou
entendu dans ce contexte culturel très imbriqué, j'ai bien peur que vous n'avez
rien compris. C'est pourquoi je me suis permis d'exprimer lors d'un débat radiodiffusé
organisé par VOA News (attendu pour ce dimanche, 17 mars matin sur les antennes
de la RPA burundaise), que le plus important pour les échéances de 2015, c'est
la création d'un environnement sain, qui condamne la logique de guerre et celle
des affrontements verbaux violents que nous avons vus en 2010.
Cet environnement ne dépendra pas tellement de la réformes
de la loi électorale ni même de la batterie de soutiens promis par la
communauté internationale. Mais par une dynamique volontariste burundaise
interne enracinée avant tout dans les coeurs de nos acteurs politiques minées
par leurs dissensions ataviques.
Je parie sur ce point que le fait que nos attentes par rapport
à la très attendue Commission vérité réconciliation avec ses mesures de justice
transitionnelle semble avoir été escamotées par l'atelier des derniers jours
pourrait être un mauvais signe pour la suite.
Si rien n'est fait, lors des fameux ateliers sectoriels
prévus dans le cadre du suivi de cet exercice pour corriger le tir, nos hommes
et femmes invités par le BNUB pour débattre de l'avenir politique de notre
Nation auront fort peu compris.
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