Entretemps,
cette même semaine écoulée a vu débarquer dans l’opinion, la réalité de
nouveaux bruits de bottes dans la région : une nouvelle coalition
anti-Kagame représentée par un ancien général des forces armées rwandaises s’est
déclaré. Un ancien premier ministre s’est
rapproché des FDLR. Ces deux actualités ne peuvent pas passer inaperçu.
Pour
le Burundi, ce sont les chicanes tournant autour du maintien ou pas du mandat
du BNUB au-delà de février 2014 qui font l’actualité. Sachant aussi qu’une espèce
de guerre froide semble opposer les intérêts des Occidentaux à ceux de la Russie
et de la Chine dont on dit qu’elles sortent leurs griffes pour occuper le
terrain. Comme tu temps du « rideau de fer »Seulement, je suis étonné. La classe politique locale s’intéresse fort peu à cette donne comme si celle-ci ne la concernait que de manière accessoire. Elle préfère se liguer sur le problème de la CNTB ou celui des réformes constitutionnelles (qui sont, j’en conviens, de vrais sujets de préoccupation dont il faut évidemment parler), mais qui pourraient être très peu déterminants dans le jeu qui se met en place.
Dans
l’embrouillamini mouvant qui s’en suit, ce qui compte aujourd’hui, pour moi, c’est de
vous rappeler que Bujumbura continue de confirmer presque chaque mois sa place
comme ville d’importance stratégique dans le contexte géopolitique régional
actuel. Ce n’est pas un hasard s’il est indiqué dans les commentaires qui
accompagnent l’accord Washington-Bujumbura que l’un des objectifs visés, c’est
d’accroître les capacités du Burundi à jouer son rôle de paix dans la région.
Si
vous avez compris qu’Africom s’est installé quelque part dans le Katanga voisin
et que Dar-es-Salam a envoyé son homme clé pour commander la Brigade onusienne
chargée d’imposer la paix au Congo, pendant que la Tanzanie et le Burundi se
rapprochent pour créer un axe parallèle à celui qui unit l’Ouganda, le Kenya et
le Rwanda, vous comprendrez également que c’est cette nouvelle donne qui
gouverne désormais la carte africaine des Grands Lacs des jours / mois / années
à venir. Je conclus : si Bujumbura le veut et en décide, elle peut devenir cette « Genève internationale africaine » dont je vous parle tout le temps.
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