Message accueil

« Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire », a dit un sage.


dimanche 26 janvier 2014

Bujumbura confirme encore son statut de ville internationale du futur

La messe est donc dite. Les Etats Unis d’Amérique et le Burundi ont conclu le 24 janvier dernier un accord de sécurité clé qui offre à Washington la plus grande opportunité d’agir à partir de Bujumbura.

Entretemps, cette même semaine écoulée a vu débarquer dans l’opinion, la réalité de nouveaux bruits de bottes dans la région : une nouvelle coalition anti-Kagame représentée par un ancien général des forces armées rwandaises s’est déclaré.  Un ancien premier ministre s’est rapproché des FDLR. Ces deux actualités ne peuvent pas passer inaperçu.
Pour le Burundi, ce sont les chicanes tournant autour du maintien ou pas du mandat du BNUB au-delà de février 2014 qui font l’actualité. Sachant aussi qu’une espèce de guerre froide semble opposer les intérêts des Occidentaux à ceux de la Russie et de la Chine dont on dit qu’elles sortent leurs griffes pour occuper le terrain. Comme tu temps du « rideau de fer »

Seulement, je suis étonné. La classe politique locale s’intéresse fort peu à cette donne comme si celle-ci ne la concernait que de manière accessoire. Elle préfère se liguer sur le problème de la CNTB ou celui des réformes constitutionnelles (qui sont, j’en conviens, de vrais sujets de préoccupation dont il faut évidemment parler), mais qui pourraient être très peu déterminants dans le jeu qui se met en place.

Dans l’embrouillamini mouvant qui s’en suit, ce qui compte aujourd’hui, pour moi, c’est de vous rappeler que Bujumbura continue de confirmer presque chaque mois sa place comme ville d’importance stratégique dans le contexte géopolitique régional actuel. Ce n’est pas un hasard s’il est indiqué dans les commentaires qui accompagnent l’accord Washington-Bujumbura que l’un des objectifs visés, c’est d’accroître les capacités du Burundi à jouer son rôle de paix dans la région.
Si vous avez compris qu’Africom s’est installé quelque part dans le Katanga voisin et que Dar-es-Salam a envoyé son homme clé pour commander la Brigade onusienne chargée d’imposer la paix au Congo, pendant que la Tanzanie et le Burundi se rapprochent pour créer un axe parallèle à celui qui unit l’Ouganda, le Kenya et le Rwanda, vous comprendrez également que c’est cette nouvelle donne qui gouverne désormais la carte africaine des Grands Lacs des jours / mois / années à venir.
Je conclus : si Bujumbura le veut et en décide, elle peut devenir cette « Genève internationale africaine » dont je vous parle tout le temps.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire