D’après les apparences, le Burundi a donc gagné son pari. Les bailleurs de fonds invités pour plancher sur le financement du plan gouvernemental de redressement politique et économique ont promis plus que Bujumbura n’avait demandé : plus de 2.1 milliards USD pour les trois années à venir.
Les principaux donateurs ont révélé une donne géopolitique majeure, qui s’est mise en place depuis que les guerres dites « guerres d’octobre » ont eu lieu dans la région des Grands Lacs, mais que certains gestionnaires des conflits ont parfois ignoré par méconnaissance des réalités ou volontairement oublié à cause des calculs partisans liés à la logique du chaos installé par ces guerres.
Un pôle régional et stabilisateur aux rives du Tanganyika
Le Burundi est dans ce cadre vu comme un pôle régulateur des conflits dans les Grands Lacs, en raison de plusieurs spécificités géostratégiques uniques au cœur de la région centre-orientale. Au-delà du rôle joué sur le plan militaire par les casques bleus burundais dans la restauration de la paix en Somalie, Bujumbura regorge, en effet, d’atouts uniques susceptibles d’être mis à profit dans la stabilité d’une zone restée longtemps grise au sud de l’Equateur.
En premier lieu, il faut citer sa situation aux rives du lac Tanganyika, qui lui confère un centre de gravité économique, à mi-chemin entre les deux Océans, laissant affluer sur son terroir les principales organisations de coopération régionale… Il faut aussi citer la politique de neutralité longtemps préférée, presque par spontanéité, par opportunité ou grâce aux hasards de l’Histoire, aux alignements géopolitiques dans lesquels se perdent Anglo-Saxons et Francophones / Francophiles et leurs « pions locaux» se disputant, avec une gourmandise coupable, le contrôle des ressources, celles du grand Congo voisin.
En premier lieu, il faut citer sa situation aux rives du lac Tanganyika, qui lui confère un centre de gravité économique, à mi-chemin entre les deux Océans, laissant affluer sur son terroir les principales organisations de coopération régionale… Il faut aussi citer la politique de neutralité longtemps préférée, presque par spontanéité, par opportunité ou grâce aux hasards de l’Histoire, aux alignements géopolitiques dans lesquels se perdent Anglo-Saxons et Francophones / Francophiles et leurs « pions locaux» se disputant, avec une gourmandise coupable, le contrôle des ressources, celles du grand Congo voisin.
Mais la maîtrise des enjeux sur ce dossier, relèvent d’une bonne compétence / formation en géopolitique… Ce qui tient encore, malheureusement, d’un défi immense.
Par contre, certains think tanks, comme au Cirid (www.cirid.ch) l’ont compris et le disent tout haut depuis plus de vingt ans à travers « La Genève internationale ».
En clair donc, si au Burundi tout est loin d’être parfait – parce les soucis en matière de droits humains, de gouvernance démocratique et d’impunité des crimes restent entiers – les mieux renseignés savent que le pays a fait des pas sensibles et irréversibles. Surtout, depuis que l’ONU en a fait un laboratoire de la nouvelle stratégie de consolidation de la paix, les leçons engrangées sont porteuses de chances pour les républiques voisines… Si l’on se mettait à les recenser.
Il importe donc aux amis du pays comme aux Burundais eux-mêmes (surtout eux !) d’approfondir le message que recèle ce constat.
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